feuille-vigne-galles-vignoble-ensoleille
Accueil / Blog / Erinose de la Vigne : Symptômes et Traitement
Blog

Erinose de la Vigne : Symptômes et Traitement

Olivier avril 12, 2026 8 min de lecture

Vous avez remarqué des boursouflures étranges sur les feuilles de votre vigne ? Un feutrage blanc cotonneux est apparu sur la face inférieure ? Vous vous demandez si c’est grave et ce que vous devez faire ?

Cet article vous explique clairement ce qu’est l’érinose de la vigne, une maladie provoquée par un acarien microscopique. Vous apprendrez à identifier les symptômes, à comprendre le cycle du parasite et à choisir le traitement adapté si un contrôle est vraiment nécessaire.

L’essentiel sur l’érinose en bref

Pour ceux qui sont pressés, voici un résumé rapide de ce qu’il faut savoir sur cette maladie de la vigne. Cela vous permet de poser un premier diagnostic rapidement.

Agent responsable Colomerus vitis (un acarien microscopique aussi appelé phytopte)
Symptômes clés Boursouflures (galles) sur la face supérieure des feuilles, et feutrage blanc/rosé sur la face inférieure.
Période de risque Printemps, au moment de la croissance des jeunes feuilles.
Niveau de dangerosité Faible. Les dégâts sont surtout esthétiques et n’impactent généralement pas la récolte.
Traitement principal Soufre. Souvent, les traitements contre l’oïdium suffisent à contrôler l’érinose.

Comment reconnaître les symptômes de l’érinose ?

L’érinose est une maladie facile à identifier car les symptômes sont très caractéristiques. L’erreur de diagnostic est rare. Il suffit d’observer attentivement les deux faces des feuilles de la vigne.

Les premiers signes de l’attaque apparaissent au printemps sur les jeunes feuilles en pleine croissance. Les dégâts se manifestent différemment sur chaque face de la feuille.

Sur la face supérieure des feuilles

Vous verrez apparaître des galles boursouflées, comme des cloques sur la peau. Au début, ces déformations sont de couleur vert clair, presque de la même couleur que la feuille. Plus tard dans la saison, ces boursouflures peuvent prendre une teinte rouge. Ces galles sont la réaction de la plante aux piqûres de l’acarien Colomerus vitis.

Sur la face inférieure des feuilles

Si vous retournez une feuille atteinte, vous observerez un feutrage dense et blanc, qui peut devenir rosé puis brun en vieillissant. Cet amas cotonneux se situe juste en dessous des galles. Il n’est pas dû à un champignon, mais à une hypertrophie des poils épidermiques de la feuille, provoquée par l’acarien. C’est dans ce feutrage que les acariens vivent et se reproduisent.

Le cycle de vie de l’acarien responsable, Colomerus vitis

Pour bien gérer l’érinose, il est utile de comprendre comment vit et se développe le responsable : le Colomerus vitis. Son cycle de vie est directement lié aux saisons et à la croissance de la vigne.

  • En hiver : Les femelles de cet acarien microscopique hibernent bien à l’abri. Elles se cachent sous les écailles des bourgeons ou dans les fissures de l’écorce des sarments.
  • Au printemps : Dès le débourrement (l’ouverture des bourgeons), les femelles sortent de leur cachette. Elles migrent vers les jeunes feuilles pour commencer à se nourrir et à pondre leurs œufs dans le feutrage qu’elles créent. Le cycle de développement est rapide, environ 15 jours.
  • En été : La population d’acariens explose. Il peut y avoir 5 à 7 générations durant la saison. Ils continuent de coloniser les nouvelles feuilles au fur et à mesure que les rameaux s’allongent.
  • À l’automne : Avec la chute des feuilles, les acariens adultes migrent vers les parties boisées de la vigne pour trouver un abri et passer l’hiver. Le cycle recommence alors.

Quel traitement pour l’érinose de la vigne ?

La première chose à savoir est qu’un traitement n’est pas toujours nécessaire. En général, la vigne supporte bien cette maladie et l’impact sur la quantité ou la qualité de la récolte est quasi nul. Une intervention est justifiée uniquement si l’attaque est très forte et précoce, au point de gêner la photosynthèse ou, plus rarement, d’attaquer les jeunes fleurs.

La lutte biologique et les prédateurs naturels

La meilleure solution est souvent de ne rien faire et de laisser la nature travailler. L’érinose a des ennemis naturels très efficaces : les acariens prédateurs de la famille des Phytoseiidae, comme les fameux Typhlodromes (Typhlodromus pyri). Ces auxiliaires sont présents naturellement dans les vignobles et se nourrissent des acariens nuisibles.

Pour favoriser leur présence, il est crucial d’éviter les insecticides à large spectre qui les tuent. En préservant ces prédateurs, vous assurez une régulation naturelle et durable de l’érinose.

Les traitements de biocontrôle homologués

Si la pression est trop forte et que vous devez intervenir, plusieurs solutions de biocontrôle existent. Elles sont efficaces et souvent compatibles avec l’agriculture biologique. Le soufre mouillable, déjà utilisé contre l’oïdium, est très efficace contre l’érinose. Le traitement doit être réalisé tôt au printemps, dès l’apparition des premières galles.

Voici un tableau des principales solutions de traitement autorisées.

Principe Actif Mode d’action Produits de référence (exemples) Usage Bio
Soufre Agit par contact et par vapeur pour tuer les acariens. Cosavet DF®, Polithiol® Oui
Huile essentielle d’orange Dessèche et détruit la cuticule des acariens par contact direct. Limocide® Oui
Maltodextrine Action physique. Crée un film qui enrobe et asphyxie les acariens. Eradicoat Max® Oui

FAQ – Questions fréquentes sur l’érinose

Voici les réponses aux questions les plus courantes que se posent les jardiniers et viticulteurs au sujet de cette maladie.

L’érinose est-elle dangereuse pour ma récolte ?

Non, dans 99% des cas, l’érinose n’a aucun impact sur la quantité ou la qualité de votre raisin. Les dégâts sont surtout esthétiques. Une attaque très violente et très précoce pourrait affecter les inflorescences (futures grappes), mais c’est un cas de figure extrêmement rare.

Quand faut-il traiter contre l’érinose ?

Le traitement est conseillé uniquement en cas de forte infestation. Intervenez dès l’apparition des premières galles au printemps, sur les premières feuilles. Un traitement au soufre à ce stade est souvent suffisant. Dans beaucoup de cas, le traitement préventif contre l’oïdium gère aussi l’érinose sans action supplémentaire.

Peut-on confondre l’érinose avec le mildiou ou la cloque ?

Oui, la confusion est possible au premier coup d’œil à cause des boursouflures. Mais la différence est simple à faire : l’érinose se distingue par le feutrage blanc et cotonneux sur la face inférieure de la feuille. Ni le mildiou (qui provoque une poudre blanche volatile), ni la cloque n’ont ce symptôme spécifique.

Découvrez aussi